De l’anthropologie de la vendetta en temps de « crise totale »

Par Nebi Bardhoshi, Sylvie Muller
L’objectif de cet article est double. Il propose non seulement d’examiner le rapport qui existe entre la « crise totale » (étatique, sociale, identitaire, scientifique, etc.) traversée par l’Albanie postsocialiste et la production de connaissances sur la société albanaise par l’anthropologie contemporaine, mais de l’examiner au travers de la question de la vendetta. Dominant à la fois la production du savoir et les pratiques étatiques, la vendetta a été le centre autour duquel l’interprétation de la loi coutumière et de la société albanaise a gravité pendant longtemps. La thèse de l’auteur est que les anthropologues contemporains, albanais comme étrangers, sont toujours influencés par les catégories du primitivisme juridique, créées principalement dans le cadre des études indo‑européennes. Or, l’anthropologie de la vendetta devrait toujours prendre en compte la relation entre l’État et la société, afin de saisir la signification de cette pratique et ses effets sur la culture. Car, en se projetant sur la société, l’État moderne joue le rôle d’agent principal de transformation sociale et culturelle.
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