Auschwitz et les formes sensibles d’enquête en temps de pandémie. Une double absence
Cet article propose une ethnographie réflexive d’une visite au musée-mémorial d’Auschwitz-Birkenau durant l’été 2020, dans un contexte de pandémie de la Covid-19. À partir de l’expérience singulière d’un lieu vidé de ses visiteurs et visiteuses, l’autrice explore les effets d’une double absence – celle des morts et celle des vivants – sur la production et la transmission des savoirs historiques. Loin de constituer une simple interruption de l’enquête, ce vide devient une situation heuristique permettant de repenser l’anthropologie de la mémoire, la place du sensible dans la recherche et les conditions affectives de l’enquête. En s’inscrivant dans une anthropologie du sensible, attentive aux formes d’invisibilité, aux transmissions différées et aux subjectivités du terrain, cette contribution interroge les rapports entre corps, silence, dispositifs matériels de visite et socialisation émotionnelle. La réflexivité devient ici une voie d’accès à des dynamiques de connaissance inaccessibles autrement.
- Anthropologie du sensible
- Mémoire
- Absence
- Auschwitz-Birkenau
- Pandémie
- Covid
- Transmission
- Émotions
- Pédagogie de la Shoah
