LA MATERIALITE DE LA PSYCHIATRIE

Proposition de numéro thématique pour Ethnologie française
Portée par Audrey Higelin-Cruz (Sophiapol, Université Paris Nanterre ; CH Guillaume Régnier) et Agathe Meridjen-Manoukian (ISP, Université Paris Nanterre ; Archives dép. Val-de-Marne)

LA MATERIALITE DE LA PSYCHIATRIE

La psychiatrie est un champ de recherches exploré depuis longtemps. L’étude de cette discipline, de sa pratique et son développement, sont concomitants du développement de la psychiatrie elle-même. Les sociologues de la fin du XIXe siècle questionnent en effet les apports et limites des sciences des maladies mentales dans l’étude des sociétés, l’intégration ou non de la psychologie étant notamment au cœur de la querelle disciplinaire entre Gabriel Tarde et Émile Durkheim. Comme les aliénistes, ensuite appelé-es psychiatres, leurs réflexions s’appuient sur les descriptions de la patientèle asilaire via des bribes d’observations ou des aperçus statistiques souvent issus de la littérature médicale. Les terrains d’observation sont évidemment l’asile, pas toujours facile d’accès, la prison, l’espace public des rues ou encore le cercle restreint des familles qui garde un proche à domicile. Au XXe siècle, Allan Young intègre la méthode généalogique à son ethnographie d’un service psychiatrique prenant en charge des vétérans aux syndromes de stress post-traumatiques (P. Béhague, Lézé, 2015), et Georges Devereux (1970) promeut en France une ethnopsychanalyse influente. Étudiée pour sa fonction politique ou sociale, à la suite de Michel Foucault (1961) et de l’ouvrage séminal d’Erving Goffman (1968 ; traduction française 1975) notamment via l’internement à l’asile, la psychiatrie est aussi interrogée dans sa pratique quotidienne, au ras du sol, des patient-es et des professionnel-les. En filigrane, se dessine toute une impulsion ethnographique attentive aux détails. A la même période, la psychiatrie elle-même s’interroge à l’aide de l’ethnographie : la clinique de Fann à Dakar a été centrale dans le développement d’une ethnopsychiatrie toujours influente, et la psychothérapie institutionnelle se nourrit de sciences sociales (Gallien, Collignon, 2022).
Plus récemment, parmi les recherches qui s’intéressent à la psychiatrie depuis le début des années 2000, nombreuses sont celles qui mobilisent les méthodes ethnographiques (Monjaret, 2001 ; Velpry, 2006 ; Henckes, 2007 ; Moutaud, 2009 ; Moreau, 2017 ; Marques, 2011 ; Tartour, 2021 ; Linder, 2023). A la suite de ces enquêtes, et prenant acte des liens disciplinaires étroits entre ethnographie et psychiatrie évoqués plus haut, cet appel invite à l’étude de la psychiatrie par une méthode ethnographique. Nous invitons plus spécifiquement à interroger et analyser sa matérialité : celle des lieux, celle des corps, celle des objets, l’ensemble sans restriction pour dresser le tableau fin de la psychiatrie saisi par l’ethnographie. D’une manière générale, nous cherchons à savoir ce qui fait, matériellement, la psychiatrie, à la fois comme un terrain matériel particulier et comme un point d’observation de nos sociétés. Comment la psychiatrie est-elle pratiquée et vécue, de manière concrète et jusque dans les chairs intimes, par ses professionnels et ses usagers ? Enfin et parallèlement, comment une étude de la psychiatrie au prisme de sa matérialité permet autant une analyse du quotidien psychiatrique qu’un point d’entrée réflexif sur les méthodes ethnographiques ?

1. L’institution en pratique(s)
Cet axe invite à une ethnographie de la structure au fur et à mesure de son cheminement, jusqu’à la dépasser pour observer la psychiatrie dans l’ensemble de la société. Il conviendra d’y aborder des analyses (dé)ambulatoires : routine(s) et quotidien(s) au-dedans et au-delà de l’hôpital psychiatrique, mais également la matérialité de la psychiatrie dans ses traces les plus tangibles. Qu’est-ce qui touche la psychiatrie et que touche-t-elle à son tour ? Comment se façonne l’environnement psychiatrique ?
Entrée, déambulation, sortie ou séjour plus long : les analyses peuvent porter sur une observation distante ou participante, sur différents moments de la routine médicale ou de ses imprévus, et sur tous les services et espaces constituant l’hôpital psychiatrique : services médicaux bien sûr, mais également administratifs, juridiques, techniques… Il s’agit véritablement de déambuler dans l’hôpital (La Soudière, 2023, Higelin-Cruz, 2024), ce qui peut inclure les dispositifs destinés à ouvrir l’institution sur l’extérieur, en suivant la matérialité du guichet, à la prise en charge, à la sortie. Cette matérialité peut consister dans les objets utilisés pour diagnostiquer, mesurer ou traiter les gestes (Bert et Lamy, 2021), qui sont alors étudiés comme les outils matériels de production de la psychiatrie. Outils de consignation et de classement notamment utiles pour la compilation clinique (Foucault, 1963), pour la statistique scientifique ou évaluative (Cases, Salines, 2004 ; Martin, 2020), et pour l’innovation médicale (Edgerton, 1998 ; Tournay, 2007), les technologies de papier comme supports médico-administratifs ou de tests cliniques permettent une réflexion féconde sur les documents et les archives, leurs formes et usages par l’institution et les fonctionnaires qui s’en saisissent (Gardey, 2008 ; Rossigneux-Méheust, 2018 ; Spire, 2008), et la construction d’une certaine mémoire. L’anthropologie du travail (Arborio, Cohen, Fournier, et al., 2008 ; Hardy, 2013 ; Gardella, 2016 ; Mougeot, 2019) peut, sans exclusive, être une perspective pertinente (Gibert, Monjaret, 2021). Des observations organisationnelles peuvent également permettre une analyse fine des procédures, temporalités et pratiques routinières ou non de l’hôpital psychiatrique (Demailly, Haliday, 2022). Les procédures d’accueil (Dubois, 2010 ; Fassin, 2004 ; Lipsky, 1980) sont évidemment pertinentes, de même que les conditions de sortie de l’hôpital.
Aujourd’hui, en adoptant une perspective microsociologique, il est toujours éclairant d’user du concept d’institution totale forgé par Goffman (1968 ; traduction française 1975), dans ce qu’il a d’heuristique, pour questionner les biais de « détotalisation » (Combessie, 2000 ; Rostaing, 2009) des institutions, et observer la psychiatrie au prisme des dispositifs qui tendent à (ré)introduire du contrôle et de la coercition (Coldefi, Gandré et Rallo, 2022 ; Gansel et Lézé, 2015 ; Génard, Rossigneux-Méheust (dir.), 2023), y compris dans des types de prises en charge d’apparence « détotalisantes » car extra-hospitalières (Moreau et Marques, 2020). Le renouveau de la psychiatrie, à l’œuvre depuis le milieu des années 1950 dans sa conception comme dans sa pratique, autrefois plutôt qualifié de mouvement de « désinstitutionnalisation » (Castel 1981 : Goffman 1989), est ainsi aujourd’hui examiné de manière plus nuancée comme une « déshospitalisation » (Guillemain, Klein et Thifault, 2018) de la psychiatrie. A mesure que l’hôpital psychiatrique développe des modalités de prise en charge ambulatoires et s’inscrit dans une dynamique d’« aller vers », la question se pose d’étudier les mouvements centrifuges et centripètes qui font dialoguer l’intra et l’extrahospitalier dans toutes leurs dimensions (Higelin-Cruz, 2024). Témoins de l’effervescence et de la mobilité de la psychiatrie, les rapports entre la psychiatrie, l’hôpital psychiatrique et son environnement sont enjeux d’analyse.
Cet axe est également particulièrement intéressé par la matérialité de la psychiatrie dans ses manifestations les plus tangibles. A l’intérieur de l’hôpital. L’attention est aussi portée sur les dimensions matérielles de l’espace, des outils et du quotidien psychiatrique (Majerus, 2013), embrassées dans une perspective ethnographique. Dans une dynamique d’ethnographie rétrospective (Artières, 2014), elle l’est également sur les archives, que celles-ci soient légalement conservées et utilisées dans une pratique réglementaire pertinente à observer comme travail de l’institution, ou qu’elles relèvent d’archives plus personnelles et non-officielles : productions thérapeutiques dans des ateliers d’art ou d’expression, exposés parfois dans des espaces institutionnels dédiés comme le musée Arts et Déchirure au centre hospitalier du Rouvray, dessins affichés dans des coins de bureaux ou de couloirs, graffitis laissés sur un mur, archives personnelles, écrits de patient-es, ou encore vêtements et photographies (Artières, 2013 ; Foucault, 1961 ; Jaccard, 2022 ; La ferme du Vinatier et les éditions La Passe du Vent, 2018 ; Scarfone, 2020).
Ainsi, l’architecture des lieux ainsi que la répartition des espaces et des services de l’hôpital est aussi envisagées comme une organisation matérielle et spatiale de la psychiatrie : la circulation de la patientèle et des professionnel-les, les lieux d’accueils ou de traitements, les différentes unités, les espaces professionnels, les lieux réservés à des convivialités plus intimes, et toute alcôve, couloir, vaste salle ou cagibi qui peuvent intéresser l’ethnographie (Higelin, 2011). Cet axe peut également accueillir des réflexions sur les pratiques de ces espaces, en ce qu’ils sont un lieu de vie d’usager-es et/ou de personnel médical aux expériences distinctes du lieu.

2- La corporéité de la psychiatrie
L’hôpital doit être pensé dans les corps, dans la réalité charnelle et incarnée des individus qui y déambulent, interagissent, s’évitent, échangent des blagues, des cigarettes ou des disputes qui ensemble articulent la sociabilité du lieu et l’organisation des services. C’est un lieu de vie, où l’on attend quelqu’un, on regarde la poussière et on se dirige vers la cantine où la table est un nouvel observatoire des sociabilités à l’asile. Cet axe s’intéresse plus spécifiquement aux usager-es de la psychiatrie, au sens large : au sein de l’hôpital ou en dehors, de manière régulière, prolongée ou ponctuelle, s’agissant des patient-es, des pairs ou proches aidants, et ce dans leurs différents degrés d’implication au sein de l’institution et de ses démembrements (Morgiève, Briffault, 2014). Les propositions peuvent étudier les théories et les confronter avec les pratiques des professionnel-les dans leur relation avec les patient-es afin d’en identifier certains critères (Haliday, 2023). Elles peuvent également, dans un mouvement inverse, étudier comment les usager-es se saisissent et comprennent la psychiatrie. L’interaction entre ces deux approches, soit les dynamiques d’adaptation et d’ajustement, sont aussi pertinentes.
Dans l’hôpital psychiatrique, et plus largement les établissements de santé et d’assistance sociale, se croisent au fil du temps des profils et des trajectoires distincts. Des études se sont centrées sur les enfants (Coffin, Le Bras, 2021) et adolescent-es (Coutant, 2012), sur les personnes âgées (Rossigneux-Méheust, Derrien, 2026) sur les patient-es d’origine étrangère (Sicot, Touhami, 2015 ; parfois avec interprètes : Pian, Hoyez, Tersigni, 2018) ou en parcours migratoire (Petit, Wang, 2018 ; Saglio-Yatzimirsky, Wolmark, 2018), sur les militaires traumatisé-es (Derrien, 2015; Young, 1995) ; et sur bien d’autres figures qui peuvent être étudiées selon diverses catégories autant que réunies comme une population usagère de l’hôpital participant à construire sa réalité quotidienne.
Le quotidien de la psychiatrie échappe en partie à ses règles directes ouvrant notamment la possibilité à des adaptations secondaires. Nous invitons ainsi à réfléchir aux catégories plus discrètes de ce monde social : quelles sont les relations intimes entre les individus ? Quid de la sexualité ? De la colère ? Comment ces relations et ces émotions fabriquent concrètement la psychiatrie, créent des espaces divisés jusque dans les agencements des lieux – en isolant certaines personnes ou en créant des espaces de solidarité ? Outre les catégories administratives et psychiatriques qui permettent de saisir ces personnes, comme le fait déjà en partie l’institution, cet axe invite à rappeler la réalité corporelle des vies, en chair et en émotion, qui se rencontrent et façonnent ensemble l’asile et la psychiatrie contemporaine. L’ethnographie de l’espace inclut une observation des corps, dans les isolements comme dans les interrelations, dans les files d’attente pour les médicaments comme dans les groupes des réfectoires de cantines ou dans les espaces à soi qui se bricolent à l’hôpital (Goffman, 1973). Enfin, la question des corps morts dans l’institution peut aussi être soulevée, en interaction ou non avec les vivants (Bernard, 2018 ; Schepens (dir.), 2013).

3- Ethnographie et psychiatrie : apports réciproques et mises en tension
A première vue, un hiatus pourrait être pointé entre une discipline comprise historiquement comme étant tournée vers le psychisme, le mental, et une ethnographie qui insiste sur tout ce qui paraît d’abord mis de côté, jusque dans les points triviaux d’une nappe de table ou d’une cigarette échangée. Il apparaît toutefois, au prisme de l’ethnographie mais aussi d’une grande partie des professionnels de la psychiatrie, que la matérialité du quotidien est bien centrale pour appréhender la psychiatrie d’une part et pour comprendre ses vécus intimes pour une partie du corps social d’autre part.
La question est aussi méthodologique, comme l’a soulevé l’introduction : qu’est-ce que l’ethnographie permet de saisir de la psychiatrie, en spécificité ou en dialogue avec d’autres méthodes et approches disciplinaires ? La psychiatrie est-elle un terrain ethnographique comme un autre ? Qu’est-ce que l’ethnographie permet précisément d’étudier en psychiatrie et, à rebours, qu’est-ce que le terrain psychiatrique nous apprend des méthodes ethnographiques ?
Dans une approche plus réflexive et historique, les sciences humaines et sociales, notamment l’anthropologie et la sociologie, sont traversées en Europe occidentale par des tensions méthodologiques qui sont à l’avenant des transformations du champ de la psychiatrie en tant que discipline médicale, questionnant leurs concepts et postulats fondamentaux et les éprouvant à d’anciens objets et de nouvelles approches. Des recherches en sciences sociales mobilisent justement le temps long pour saisir les pratiques et théories à l’œuvre dans l’hôpital psychiatrique (Castel, 1976 ; Quétel, 2012 ; Von Bueltzingsloewen, 2010) : comment l’historicité de la psychiatrie française peut être révélée par une approche ethnographique, et, dans l’autre sens, comment la longue durée peut éclairer des pratiques contemporaines ethnographiques ? Nous invitons notamment, comme l’étude relative à la clinique de Fann à Dakar évoquée plus tôt, à des enquêtes pluridisciplinaires ou transdisciplinaires mêlant les terrains et objets ethnographiques et psychiatriques, étudiant comment les deux disciplines peuvent dialoguer voire s’hybrider, ou restituant les conditions historiques et sociales des liens entre les deux.
Dans les caractères les plus intrinsèquement ethnographique de la psychiatrie, par exemple à l’échelle plus directe du colloque singulier entre médecin et patient, l’ethnographie peut suivre les modalités d’une décision médicale visant à être partagée, d’une éthique médicale laissant place à la volonté du patient, ou plus largement observer l’organisation des soins qui peuvent laisser à la patientèle des initiatives thérapeutiques : art-thérapie ou organisation de groupe d’entraide mutuelle (GEM). L’ethnographie peut ainsi permettre d’éprouver par l’observation de la pratique les rhétoriques contemporaines qui promeuvent les savoirs expérientiels et la prise en compte de l’avis de la personne soignée, et plus généralement une horizontalisation des soins dans les rapports entre professionnel-les et patientèle (Jouet, Greacen, 2012).

Calendrier :

* Les propositions de contributions (titre et résumé de 5 000 à 6 000 signes, en français ou en
anglais) sont à envoyer pour le 15 avril 2026 aux coordinatrices de ce numéro :
Elles doivent présenter les principaux axes de démonstration, les matériaux empiriques
mobilisés et être assorties d’une notice bio-bibliographique de l’auteur.
* Les textes définitifs (de 35 000 à 70 000 signes max., espaces et bibliographie compris) sont
attendus pour le 23 septembre 2026.
* La publication de ce numéro d’Ethnologie française est prévue fin 2027.

BIBLIOGRAPHIE

Arborio, Anne-Marie, Cohen, Yves et Fournier, Pierre et al., Observer le travail. Histoire, ethnographie, approches combinées, La Découverte, 2008.
Artières, Philippe, Clinique de l’écriture, La Découverte, 2013.
Artières, Philippe, « Une ethnologie rétrospective », in Barthélémy, Tiphaine, Combessie, Philippe, Sébastien Fournier, Laurent et Monjaret, Anne (dir.), Ethnographies plurielles. Déclinaison selon les disciplines, Comité des travaux historiques et scientifiques – CTHS, 2014
Bernard, Julien, « Adieu au rituel ? Les obsèques et le don du corps à la science », Ethnologie française, vol. 48, n° 2, 2018, p. 345-358.
Bert, Jean-François, et Lamy, Jérôme, Voir les savoirs. Lieux, objets et gestes de la science, Anamosa, 2021.
Cases, Chantal, et Emmanuelle Salines, « Statistiques en psychiatrie en France : données de cadrage », Revue française des affaires sociales, n° 1, 2004, p. 181-204.
Castel, Robert, L’ordre psychiatrique : l’âge d’or de l’aliénisme, Éditions de Minuit, 1976.
Castel, Robert, La gestion des risques : de l’anti-psychiatrie à l’après-psychanalyse, Éditions de Minuit, 1981.
Coffin, Jean-Christophe et Le Bras, Anatole, « Introduction », Revue d’histoire de l’enfance « irrégulière », 23, 2021, p. 41-46.
Coldefi, Magali, Gandré, Coralie et Rallo, Stéphanie, « Les soins sans consentement et les pratiques privatives de liberté en psychiatrie : un objectif de réduction qui reste à atteindre », Question d’économie de la santé, n° 269, 6, 2022.
Combessie, Philippe, « Ouverture des prisons… jusqu’à quel point ? », in Veil, Claude et Lhuilier, Dominique (dir.), La prison en changement, Erès, 2000, p. 69-99.
Coutant, Isabelle, Troubles en psychiatrie. Enquête dans une unité pour adolescents, La Dispute (Corps, santé, société), 2012.
Demailly, Lise, et Haliday, Héloïse, « Les phénomènes communicationnels au sein des pôles de psychiatrie publique pour adultes : formes, innovations et enjeux », Sciences sociales et santé, vol. 40, n° 3, 2022, p. 39-65.
Derrien, Marie, « La tête en capilotade » : les soldats de la Grande Guerre internés dans les hôpitaux psychiatriques français, thèse pour l’obtention du doctorat en histoire, Université Lyon 2, 2015.
Devereux, George, Essais d’ethnopsychiatrie générale, Gallimard, 1970.
Dubois, Vincent, La vie au guichet. Relations administratives et traitement de la misère, Economica, 3ème éd., 2010.
Edgerton, David, « De l’innovation aux usages. Dix thèses éclectiques sur l’histoire des techniques », Dominique Pestre (trad.), Annales. Histoire, Sciences Sociales, 53ᵉ année, n° 4- 5, 1998, p. 815-837.
Fassin, Didier, Des maux indicibles. Sociologie des lieux d’écoute, La Découverte, 2004.
Foucault, Michel, (Folie et déraison ? : histoire de la folie à l’âge classique, Paris, Plon, 1961, réédité ensuite sous le titre) Histoire de la folie à l’âge classique, Paris, Gallimard, 1972.
Foucault, Michel, Naissance de la clinique, Presses Universitaires de France, 1963.
Gallien, Raphaël et Collignon, René, « « A Fann, on croit aux rab ! » », Histoire, médecine et santé, 20, 2022, p. 139-151.
Gansel, Yanis et Lézé, Samuel, « Physical constraint as psychological holding : mental-health treatment for difficult and violent adolescents in France », Social Science and Medicine, 2015.
Gardella, Edouard, « Temporalités des services d’aide et des sans‑abri dans la relation d’urgence sociale. Une étude du fractionnement social », Sociologie, vol. 7, n° 3, 2016, p. 243-260.
Gardey, Delphine, Écrire, calculer, classer. Comment une révolution de papier a transformé les sociétés contemporaines (1800-1940), La Découverte, 2008.
Génard, Elsa et Rossigneux-Méheust, Mathilde (dir.), Routines punitives. Les sanctions du quotidien, XIXe-XXe siècle, CNRS, 2023.
Gibert, Marie-Pierre et Monjaret, Anne, Anthropologie du travail, Armand Colin, 2021.
Goffman, Erving, Asiles. Études sur la condition sociale des malades mentaux, Liliane Lainé (trad.), Les Éditions de Minuit, 1968.
Goffman, Erving. La présentation de soi. La mise en scène de la vie quotidienne, Alain Accardo (trad.), Les Éditions de Minuit, 1973.
Goffman, Erving, Le parler frais d’Erving Goffman, Editions de Minuit, 1989.
Guillemain, Hervé, Klein, Alexandre et Thifault, Marie-Claude, Histoire de la déshospitalisation psychiatrique dans l’espace francophone au XXe siècle, Presses Universitaires de Rennes, 2018.
Haliday, Héloïse, « La parole et la folie, une affaire purement politique ? Une analyse clinique des difficultés relationnelles en psychiatrie. Commentaire », Sciences sociales et santé, vol. 41, n° 2, 2023, p. 31-39.
Hardy, Anne-Chantal, Travailler à guérir. Sociologie de l’objet du travail médical, Presses de l’EHESP, 2013.
Henckes, Nicolas, Le nouveau monde de la psychiatrie française : les psychiatres, l’état et la réforme des hôpitaux psychiatriques de l’après-guerre aux années 1970, thèse pour l’obtention du doctorat en sociologie, EHESS, 2007.
Higelin, Audrey, La prison pénale en France de 1791 à 1848 : élaborer l’espace de la réclusion, thèse pour l’obtention du doctorat en histoire, Université de Grenoble, 2011.
Higelin-Cruz, Audrey, « Ethnographier un établissement psychiatrique en qualité d’élève directrice d’hôpital », Terrains/Théories, 18, 2024.
Jaccard, Camille, « Chapitre 9. La parole pathologique au XIXe siècle : normes et histoire », Mathieu Arminjon éd., Le normal et le pathologique : des catégories périmées ?, Éditions Matériologiques, 2022, p. 197-214.
Jouet, Emmanuelle et Greacen, Tim, Pour des usagers de la psychiatrie acteurs de leur propre vie. Rétablissement, inclusion sociale, empowerment. Érès, 2012.
La Ferme du Vinatier et les éditions La Passe du Vent, Sens dessus dessous, La Passe du Vent, 2018.
La Soudière, Martin, « Habiter (à) l’hôpital », Communications, vol. 112, n° 1, 2023, p. 189- 195.
Linder, Audrey, « Une institution totale, vraiment ? Enjeux méthodologiques de l’enquête ethnographique en psychiatrie communautaire », ethnographiques.org, n° 46, 2023.
Lipsky, Michael, Street-level Bureaucracy: Dilemmas of the Individual in Public Services, Russell Sage Foundation, 2010 (1980).
Majerus, Benoît, Parmi les fous. Une histoire sociale de la psychiatrie au XXe siècle, Presses universitaires de Rennes, 2013.
Marques, Ana, « Construire sa légitimité au quotidien : Le travail micropolitique autour d’une Équipe Mobile de Psychiatrie-Précarité », Bulletin Amades, n° 84, 2011.
Martin, Olivier, L’empire des chiffres, Armand Colin, 2020.
Monjaret, Anne, « Fermeture et transfert de trois hôpitaux parisiens L’ethnologue, accompagnateur social », Ethnologie française, 31(1), 2001, p. 103-115.
Moreau, Delphine, « Limiter la contrainte ? Usages et régulation des usages de la contrainte psychiatrique en Suisse », L’information psychiatrique, vol. 93, no. 7, 2017, p. 551-557.
Moreau, Delphine, et Marques, Ana, « Programmes de soins : quand la contrainte se déploie hors des murs de l’hôpital », L’information psychiatrique, vol. 96, no. 3, 2020, p. 177-184.
Morgiève, Margot et Briffault, Xavier, « La fabrique du TOC moderne : une analyse ethnographique de la cérébralisation de la névrose obsessionnelle dans un laboratoire de neurosciences cliniques », Socio-logos, 9, 2014.
Mougeot, Frédéric, Le travail des infirmiers en hôpital psychiatrique, Érès, 2019.
Moutaud, Baptiste, « C’est un problème neurologique ou psychiatrique ? » : ethnologie de la stimulation cérébrale profonde appliquée au trouble obsessionnel compulsif, thèse pour l’obtention du doctorat en ethnologie, Université Paris 5, 2009.
P. Béhague, Dominique, et Lézé, Samuel, « Shaping the modern child: Genealogies and ethnographies of developmental science », Social Science & Medicine, vol. 143, 2015, p. 249- 254.
Petit, Véronique et Wang, Simeng, « ‪Éditorial : La santé mentale en migrations internationales‪ », Revue européenne des migrations internationales, vol. 34, n‬‬‬‬‬‬° 2-3, 2018, p. 7-20.‬‬‬‬‬‬‬‬
Pian, Anaïk, Hoyez, Anne-Cécile et Tersigni, Simona, « L’interprétariat en santé mentale : divisions sociale, morale et spatiale du travail dans les soins aux migrants », Revue européenne des migrations internationales, vol. 34, n° 2-3, 2018, p. 55-78.
Quétel, Claude, Histoire de la folie. De l’Antiquité à nos jours, Tallandier, 2012.
Rossigneux-Meheust, Mathilde, Vies d’hospice. Vieillir et mourir en institution au XIXe siècle, Champ Vallon, 2018.
Rossigneux-Meheust, Mathilde et Derrien, Marie, Dernières Folies. Vieillesse et santé mentale (XIXe-XXe siècle), Seuil, 2026.
Rostaing, Corinne, « Interroger les changements de la prison. Des processus de déprise et de reprise institutionnelle », Tracés. Revue de Sciences humaines, 17, 2009, p. 89-108.
Saglio-Yatzimirsky, Marie-Caroline et Wolmark, Laure, « Santé mentale des exilés en France : entre impuissance et créativité », Revue européenne des migrations internationales, vol. 34, n° 2 et 3, 2018.
Scarfone, Marianna, « Entre uniforme et effets personnels. Les vêtements des patients des hôpitaux psychiatriques au milieu du XXe siècle », Modes Pratiques. Revue d’histoire du vêtement et de la mode, 4, 2020, p. 121-135.
Schepens, Florent (dir.), Les soignants et la mort, Erès, coll. « Clinique du travail », 2013.
Sicot, François et Touhami, Slimane, « Des dispositifs de soin spécifiques pour les patients d’origine étrangère ? », Empan, vol. 98, n° 2, 2015, p. 101-108.
Spire, Alexis, « 3. Histoire et ethnographie d’un sens pratique : le travail bureaucratique des agents du contrôle de l’immigration », Anne-Marie Arborio éd., Observer le travail. Histoire, ethnographie, approches combinées, La Découverte, 2008, p. 61-76.
Tartour, Tonya, L’administration du désordre. Gouverner l’hôpital psychiatrique depuis les années 1980, thèse pour l’obtention du doctorat en sociologie, Institut d’Etudes Politiques de Paris, 2021.
Tournay, Virginie, La gouvernance des innovations médicales, Presses Universitaires de France, 2007.
Velpry, Livia, L’expérience sociale de la maladie mentale : être un patient à long terme en psychiatrie de secteur, thèse pour l’obtention du doctorat en sociologie, Université Paris 5, 2006.
Von Bueltzingsloewen, Isabelle, « Un fol espoir thérapeutique ? L’introduction de l’électrochoc dans les hôpitaux psychiatriques français (1941-1945) », Annales historiques de l’électricité, vol. 8, n° 1, 2010, p. 93-104.
Von Bueltzingsloewen, Isabelle, « Deux expériences enfantines de séparation familiale. Itinéraires croisés de Raymond et de Claude pendant et après la Seconde Guerre mondiale », Revue d’histoire de l’enfance « irrégulière », vol. 24, n° 1, 2022, p. 33-47.
Young, Allan, The Harmony of Illusions: Inventing Post-Traumatic Stress Disorder, Princeton University Press, 1995.